La période de l’entrainement : tester et trouver sa nutrition pendant l’effort
Commençons par le commencement : vous vous êtes inscrit à une course et vous commencez votre prépa pour être prêt le jour J. Pendant cette période d’entrainement, votre alimentation n’a pas besoin de subir de grands changements. L’essentiel est d’écouter vos sensations et de manger à votre faim. Si votre charge d’entrainement est plus élevée qu’habituellement vos besoins nutritionnels sont revus légèrement à la hausse : assurez-vous de ne louper aucun repas et d’avoir tous les aliments d’une assiette complète pour chacun d’eux.
L’apport hydrique recommandé pour la population générale varie de 2L à 2.5L par jour, mais si vous vous entrainez, la perte hydrique de la journée augmente, il est donc important de veiller à les compenser en ajustant votre consommation à la hausse. [1] Un bon moyen pour suivre votre hydratation est de vérifier la couleur de vos urines : la bonne couleur n’est ni trop foncée, ni trop claire.
La période d’entraînement est probablement dense, avec les séances qui s’intensifie à mesure que le grand jour se rapproche. Un bon sommeil est essentiel, il permettra au corps de récupérer, d’assimiler les entraînements et de prévenir les blessures.
Tester sa nutrition en condition de course :
Pendant l’entraînement, il est essentiel de tester les produits que vous envisagez d’utiliser le jour J : boissons, gels, barres énergétiques… Cela vous permettra d’identifier les produits les mieux adaptés à vos besoins, tant sur le plan de la texture, du goût que de la praticité. Vous aurez également préparé votre corps et votre système digestif à l’ingestion d’aliments pendant l’effort, réduisant ainsi les risques de troubles digestifs. Une mauvaise surprise en pleine course pourrait compromettre votre performance !
Déterminer la consommation de glucides pendant l’effort
Pour rappel, les glucides sont très importants pour des efforts d’endurance comme celui d’un trail car ils sont la source d’approvisionnement principale pour le système énergétique aérobie. Lorsque l’effort dépasse les 1h-1h30, il faut consommer des glucides. Je vous renvoie à l’article « L’alimentation pendant un trail », pour comprendre davantage ces notions.
L’entraînement est le moment idéal pour déterminer la quantité optimale de glucides qui vous permettra de soutenir efficacement votre performance. L’objectif est de débuter votre bloc d’entraînement en consommant une petite quantité de glucides à l’heure. Ainsi sur une séance longue, ajoutez la consommation à l’heure d’une boisson d’effort, d’un gel ou d’une barre qui contiendra entre 20 et 30g de glucides. Puis au fil des semaines d’entraînements, essayez d’augmenter progressivement cette quantité jusqu’à atteindre un seuil auquel la digestion ne pose pas de problèmes et où le niveau d’énergie est optimal. La recommandation générale se situe entre 60 et 90g de glucides par heure, mais cette quantité doit avant tout être adaptée à vous : votre tolérance digestive, l’intensité de votre effort, votre expérience, ce qui vous permet de performer au mieux. En général, la quantité de glucides à l’heure varie de 40 à 120 g chez les coureurs. Ainsi le but à l’entraînement, c’est de trouver celle qui vous corresponds. [2]
Le Gut Training
Vous avez peut-être déjà entendu parler du gut training ? Cette approche permet d’habituer votre système digestif aux conditions spécifiques de la course en intégrant progressivement les aliments et boissons que vous consommerez lors de l’événement. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à aller voir l’article de blog destiné à ce sujet. Mais globalement, cet entraînement vous permettra d’habituer votre corps à digérer pendant l’effort, à augmenter votre capacité intestinale à absorber davantage de glucides, à tester les différentes saveurs et textures, et s’exercer à s’hydrater suffisamment pendant l’effort. L’étape finale est d’expérimenter en conditions réelles tous les éléments qui constitueront votre le plan nutritionnel pour le jour J.
Tester des textures et des goûts
Les goûts et les textures appréciés sont propre à chacun. Il existe une grande diversité de produits : purées, barres, gels, bonbons, pâtes de fruits, sans oublier les boissons isotoniques ou électrolytiques. Leurs saveurs peuvent être sucrées, et parfois salées. Il est essentiel de tester ces différentes options lors de vos entraînements pour identifier ce qui vous convient le mieux. La variété des formats (liquides, semi-liquides, solides) et des goûts offre un large éventail de possibilités à explorer en amont pour trouver ce qui fonctionne pour vous et atteindre la quantité de glucides à l’heure que vous visez. C’est aussi l’occasion de tester l’ouverture de vos produits en conditions réelles, et de vérifier s’ils sont faciles à manipuler pendant l’effort.
Généralement, la course annonce en amont les aliments qui seront présent sur les ravitaillements. N’hésitez pas à tester ces produits à l’entraînement dans le cas où vous envisagez de les consommer pendant votre course ou si vous y êtes contraint, pour une nouvelle fois éviter les mauvaises surprises.
Pendant toute cette phase d’entraînement il peut être utile de tenir un journal de vos essais nutritionnels en notant ce que vous avez consommé, dans quelles conditions, et vos ressentis. Cela vous aidera à affiner progressivement votre stratégie jusqu’à trouver votre propre formule.
La nutrition est propre à chacun : ce qui fonctionne pour un athlète ne peut pas convenir à un autre. D’où l’importance de personnaliser votre stratégie selon vos sensations, votre métabolisme, vos préférences et vos objectifs.