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Ultra-trail : les conseils nutrition de Régis Ruchaud

Publié le 30 juillet 2026 9 min
Régis Ruchaud - Blog 1Defy Nutrition Sportive Made in Bourgogne

À première vue, un ultra-trail ressemble à une épreuve d’endurance. Des centaines de kilomètres. Des milliers de mètres de dénivelé positif. Une nuit à courir. Et une ligne d’arrivée qui semble parfois inaccessible.

Pourtant, lorsqu’on demande à Régis Ruchaud ce qui fait la différence après plusieurs heures d’effort, sa réponse surprend. Il ne parle ni des jambes ni du cardio.

Il parle de nutrition.

Pas celle que l’on improvise aux ravitaillements. Mais celle que l’on prépare plusieurs jours avant la course. Celle que l’on suit avec rigueur pendant l’effort. Et celle que l’on respecte même lorsque le corps n’a plus envie de manger.

À l’écouter, on comprend rapidement qu’en ultra-trail, s’alimenter n’est pas une contrainte. C’est une stratégie.

La course commence bien avant le premier kilomètre

Le jour du départ, tout semble aller très vite. Les derniers réglages, les vérifications du matériel, les encouragements, le compte à rebours. Pourtant, pour Régis, le plus gros du travail est déjà derrière lui.

La veille est volontairement calme. Il ne cherche pas à révolutionner son alimentation ni à tester une nouvelle stratégie. Son objectif est simple : arriver reposé, avec une routine qui ne laisse aucune place à l’improvisation.

« La journée précédant une course constitue une phase de repos essentielle avant le départ. L’objectif est d’arriver à la fois reposé et légèrement actif. »

Ce qui occupe réellement son esprit, ce sont les détails. Le matériel est vérifié une dernière fois, la tenue est adaptée à la météo annoncée, mais surtout, chaque ravitaillement est préparé.

Car une fois lancé sur les sentiers, il n’est plus question de se demander quoi manger au prochain ravitaillement. Tout doit déjà être prévu.

« Toute la nutrition est déjà anticipée et organisée pour chaque point de ravitaillement du parcours. »

Chaque produit est réparti en fonction du parcours. Les quantités sont calculées à l’avance. Même le matériel de rechange est prévu si les conditions changent.

Cette préparation n’a rien d’anodin. Elle lui permet de libérer de la charge mentale. Une fois la course lancée, il n’a plus qu’à appliquer le plan.

Cette anticipation lui permet d’éviter les décisions inutiles lorsque la fatigue s’installe. Plus la course avance, moins il faut avoir à réfléchir.

En ultra-trail, attendre d'avoir faim est déjà une erreur

Régis Ruchaud, athlète d'ultra-trail et ambassadeur 1Defy, équipé d'un sac d'hydratation et d'une casquette de sport

L’une des plus grandes leçons que Régis a apprises au fil des ultras est aussi l’une des plus contre-intuitives. Sur une sortie de deux heures, attendre d’avoir faim avant de manger n’a généralement pas de conséquence. Sur un ultra, cette logique ne fonctionne plus.

Après plusieurs heures d’effort, les sensations deviennent trompeuses. Lorsqu’on commence à ressentir la faim, le déficit énergétique est déjà installé.

Avec l’expérience, il a donc changé complètement sa façon de s’alimenter.

« Je veille à ne jamais attendre d’avoir faim. »

Aujourd’hui, la première prise alimentaire arrive dès les trente premières minutes de course. Ensuite, le rythme ne dépend plus de ses sensations, mais d’une routine parfaitement installée : une prise environ toutes les quinze minutes, avec une barre énergétique toutes les quarante-cinq minutes.

À première vue, cette fréquence peut sembler excessive. En réalité, elle répond à une logique très simple : apporter régulièrement de petites quantités d’énergie est beaucoup plus efficace que d’attendre une grosse baisse de régime pour essayer de la compenser.

Selon les profils de course, cette stratégie évolue légèrement. En haute montagne, où l’effort est plus irrégulier, ou sur des parcours très roulants où l’intensité reste élevée, les besoins changent. Mais le principe reste le même : anticiper plutôt que subir.

Le vrai défi ? Continuer à manger après dix heures de course

Il existe une image que connaissent tous les ultra-traileurs. Au début de la course, manger est presque agréable. Les produits passent facilement, les sensations sont bonnes et le rythme s’installe.

Puis les heures défilent. Au bout de huit, dix ou quinze heures, ce qui semblait naturel devient parfois un effort à part entière.

Le corps continue de dépenser énormément d’énergie, mais l’envie de manger disparaît progressivement. Les goûts saturent. Certains aliments deviennent écœurants. La digestion se complique.

C’est précisément à ce moment que Régis refuse de s’enfermer dans une routine trop stricte.

« La variété alimentaire en trail peut représenter un défi. »

Bien sûr, les barres énergétiques restent au cœur de sa stratégie. Mais elles ne sont pas seules.

Selon les envies du moment, il peut tout aussi bien se tourner vers un morceau de fromage, du jambon, un croque-monsieur, un cookie ou un brownie.

Ces aliments n’ont pas seulement un intérêt nutritionnel. Ils permettent aussi de casser la monotonie, de retrouver un peu de plaisir et, parfois, de réussir simplement à manger alors que tout l’organisme dit l’inverse.

« Il est parfois tout aussi agréable d’opter pour du salé afin de casser la monotonie. »

À mesure que l’arrivée approche, cette simplicité devient encore plus importante. Dans les derniers kilomètres, lorsque l’estomac commence à saturer, il privilégie des aliments faciles à avaler.

« Dans les 10 derniers pourcents, l’alimentation devient souvent plus difficile. Dans ces moments-là, une compote peut faire la différence. »

Deux minutes. Pas une de plus.

Régis RUCHAUD, ultra-traileur, ambassadeur 1Defy nutrition sportive made in bourgogne

Les bases de vie représentent souvent un moment attendu par les coureurs. Pour Régis, elles sont surtout des étapes logistiques.

Chaque arrêt suit presque toujours le même scénario. Les gourdes sont remplies en priorité, la nutrition prévue est récupérée, un changement de vêtements est effectué si les conditions l’imposent… puis il repart.

« Les arrêts aux ravitaillements durent rarement plus de deux minutes. »

Cette routine lui permet de conserver son rythme tout en limitant le temps passé à l’arrêt. Lorsqu’on s’arrête trop longtemps, le corps refroidit, les muscles se raidissent et repartir devient parfois plus difficile que continuer à avancer.

Là encore, tout repose sur l’anticipation réalisée avant le départ.

Le moment où les jambes ne sont plus le principal problème

On imagine souvent que l’abandon en ultra-trail survient lorsque les jambes ne répondent plus.

Pour Régis, la réalité est souvent différente.

« Le fait d’être constamment en mouvement limite la perception de la fatigue, malgré l’intensité de l’effort. En revanche, l’aspect mental peut devenir plus flou. »

Au fil des heures, les pensées deviennent moins claires. La concentration baisse. Les émotions prennent parfois le dessus.

C’est dans ces moments-là que certains détails prennent une importance inattendue.

Le téléphone, par exemple.

Quelques minutes de conversation avec un proche peuvent suffire à remettre les idées en place et à retrouver l’envie de repartir. Lorsqu’un accompagnant est présent sur une base de vie, sa présence dépasse largement l’aspect logistique.

« On court aussi pour lui. Il a souvent passé la nuit dehors dans des conditions parfois difficiles, simplement pour nous soutenir quelques instants. »

Derrière chaque ultra, il y a souvent une équipe invisible. Et cette énergie-là compte parfois autant que celle apportée par une barre énergétique.

Une stratégie qui se construit toute l'année

Régis RUCHAUD, ultra-traileur, ambassadeur 1Defy nutrition sportive made in bourgogne termine 2ème à l'ultra trail des paiens

Si la stratégie nutritionnelle prend toute son importance pendant la course, elle se construit aussi tout au long de l’année.

Régis veille à maintenir une alimentation régulière, adaptée à son volume d’entraînement. Petit-déjeuner riche en protéines, collations, récupération après les séances : chaque repas participe à préparer le suivant.

Cette routine lui permet également de tester les produits qu’il utilisera en compétition. Rien n’est laissé au hasard. En ultra-trail, découvrir un aliment le jour J est souvent la meilleure façon de s’exposer à une mauvaise surprise.

Ce sont les détails qui permettent d'aller au bout

À écouter Régis, on comprend finalement que la nutrition ne constitue pas un sujet à part dans un ultra-trail.

Elle fait partie d’un tout.

Elle accompagne la préparation, soutient le physique, aide le mental lorsque celui-ci vacille et permet au corps de continuer à avancer lorsque les kilomètres s’accumulent.

C’est aussi pour cette raison qu’il invite les coureurs à ne pas brûler les étapes.

Le mot de la fin de Régis

Régis Ruchaud, athlète d'ultra-trail et ambassadeur 1Defy, fêtant une victoire ou une arrivée de course de trail running

Être finisher d’un ultra-trail est accessible à tout le monde, à condition d’être bien préparé. L’entraînement et la préparation physique ne sont pas les seuls facteurs pour atteindre la ligne d’arrivée. La dimension mentale joue également un rôle essentiel dans la réussite de cet objectif.

Il ne faut surtout pas négliger la nutrition : elle peut parfois sembler excessive, mais ce sont justement ces petits détails qui permettent de franchir la ligne avec le moins de difficultés possible. 

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