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Boissons énergisantes : quels dangers pour la santé et le sportif ?

Publié le 20 août 2026 13 min
Image de cannette de boissons énergisantes. Image utilisée pour représenter l'article : Boissons énergisantes : quels dangers pour la santé et le sportif ?présent sur le site internet de 1Defy nutrition sportive made in bourgogne

Les boissons énergisantes sont devenues très populaires, notamment chez les jeunes, les étudiants, les travailleurs et les sportifs. Elles sont souvent associées à l’énergie ou à la concentration. Pourtant, leur consommation soulève de nombreuses questions : les boissons énergisantes sont-elles dangereuses ? Quelle quantité de caféine contiennent-elles ? Quels sont les risques pour le cœur, le sommeil ou l’hydratation ? Peut-on boire une boisson énergisante avant le sport ?

La réponse scientifique ne se résume pas à un simple « oui » ou « non ». La dose de caféine, la composition du produit et la fréquence de consommation influencent les risques. Le profil de chaque personne et le contexte de consommation jouent également un rôle important.

Une consommation ponctuelle et modérée de caféine ne présente généralement pas de danger pour un adulte en bonne santé. Cependant, certaines pratiques peuvent augmenter les risques. C’est notamment le cas d’une consommation excessive ou d’une association avec l’alcool.

Cet article fait le point sur les données scientifiques concernant les boissons énergisantes, leurs effets indésirables et leur utilisation dans le sport.

Qu’est-ce qu’une boisson énergisante ?

Avant de parler de danger, il faut commencer par définir ce que l’on appelle une boisson énergisante.

En France, l’expression « boisson énergisante » est avant tout un terme commercial qui regroupe des boissons ayant des propriétés stimulantes aussi bien physiquement qu’intellectuellement. Ces boissons contiennent différentes substances, notamment de la caféine, de la taurine, de la D-glucuronolactone, des vitamines, des extraits de plantes comme la guarana ou encore du sucre ou des édulcorants.

Boisson énergisante ou boisson énergétique : quelle différence ?

Les termes « boisson énergisante » et « boisson énergétique » sont souvent utilisés indifféremment dans le langage courant. Pourtant, ils ne renvoient pas forcément à la même chose et cette confusion peut être problématique, notamment lorsqu’on parle de sport et de nutrition.

La boisson énergisante : un produit stimulant

Comme expliqué précédemment, leur objectif principal est de produire un effet stimulant, notamment sur la vigilance et la sensation de fatigue.

Il est donc important de comprendre que le mot « énergisante » ne signifie pas que la boisson apporte beaucoup d’énergie au sens nutritionnel du terme.

Une boisson énergisante peut contenir du sucre et donc apporter des calories, mais son positionnement repose avant tout sur son effet stimulant, notamment lié à la caféine.

Et une boisson « énergétique » ?

Le terme « énergétique » renvoie, lui, à une notion différente : celle de l’apport d’énergie à l’organisme.

En nutrition, un aliment ou une boisson est dit énergétique lorsqu’il apporte des nutriments susceptibles de fournir de l’énergie à l’organisme. Dans le cas des boissons destinées à l’effort, ce sont principalement les glucides qui jouent ce rôle.

Une boisson énergétique destinée au sport est donc avant tout conçue pour apporter de l’énergie sous forme de glucides, généralement pendant ou autour de l’effort, afin de répondre aux besoins du sportif.

Cela ne signifie toutefois pas que toute boisson contenant des glucides est une boisson énergétique. Un soda, par exemple, contient du sucre et apporte donc de l’énergie. Mais il est principalement constitué d’eau et de sucres, avec peu de nutriments en dehors de cet apport énergétique. On parle ainsi souvent de « calories vides ». Sa composition n’est pas spécifiquement pensée pour répondre aux besoins nutritionnels. La différence réside donc non seulement dans la présence de glucides, mais aussi dans la composition globale de la boisson et dans son objectif nutritionnel.

Et le pre-workout ?

Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’on parle de pre-workout.

Un pre-workout est un complément alimentaire destiné à être consommé avant l’entraînement. Sa formulation peut varier considérablement selon les produits.

Certains contiennent de la caféine afin de bénéficier de ses effets sur la vigilance, la perception de l’effort et certaines composantes de la performance. D’autres sont formulés sans caféine. Un pre-workout peut également contenir d’autres ingrédients, comme de la taurine, de la citrulline ou de la bêta-alanine, selon l’objectif recherché.

Il serait donc réducteur de considérer le pre-workout comme une simple « boisson énergisante pour sportif ».

La différence fondamentale est que le pre-workout est formulé autour d’un objectif précis lié à l’entraînement, alors que la boisson énergisante est avant tout positionnée comme une boisson stimulante.

Pourquoi les boissons énergisantes sont-elles dangereuses ?

Les effets indésirables associés aux boissons énergisantes sont associés à la consommation de caféine, la quantité de sucres, les autres ingrédients présents, la quantité consommée, la vitesse de consommation, la fréquence de consommation ou encore les caractéristiques d chacun.

Parmi ces différents facteurs, la caféine constitue l’un des principaux éléments à surveiller.

En France, les effets indésirables potentiellement liés aux boissons énergisantes sont surveillés depuis 2008 dans le cadre du dispositif de nutrivigilance géré par l’Anses. Plus de 200 signalements ont ainsi été rapportés ; dont les principaux effets observés concernent :

  • Le système cardiovasculaire : palpitations, tachycardie, hypertension, douleurs thoraciques ou troubles du rythme cardiaque
  • Le système nerveux et psychocomportemental : nervosité, irritabilité, anxiété, crises de panique, et plus rarement hallucinations ou crises d’épilepsie

[1]

La caféine : principal facteur à surveiller

La caféine est une substance pharmacologiquement active qui agit notamment en bloquant les récepteurs de l’adénosine dans le système nerveux central. Elle contribue ainsi à augmenter la vigilance et à diminuer temporairement la sensation de fatigue.

Quels sont les effets recherchés ?

À dose modérée, la caféine peut maintenir la vigilance et la concentration et diminuer temporairement la sensation de fatigue.

Dans le domaine sportif, on parle d’effet ergogène. La caféine peut notamment réduire la perception de l’effort et, selon le type d’activité et la dose utilisée, contribuer à améliorer certaines performances d’endurance ou d’efforts intermittents.

Mais plus de caféine ne signifie pas nécessairement plus de bénéfices.

Au-delà d’une certaine quantité, augmenter la dose n’apporte pas forcément davantage d’effets recherchés alors que le risque d’effets indésirables augmente.

Quels sont les effets indésirables possibles ?

Une consommation importante de caféine peut notamment provoquer :

  • Nervosité ou agitation
  • Anxiété
  • Irritabilité
  • Tremblement
  • Augmentation de la fréquence cardiaque
  • Palpitations
  • Troubles digestifs
  • Maux de tête
  • Difficultés d’endormissement

La sensibilité à la caféine varie fortement d’une personne à l’autre. Une même quantité peut être bien tolérée par une personne et provoquer des effets indésirables chez une autre.

Cette sensibilité peut notamment être influencée par l’âge, les habitudes de consommation, certaines pathologies, certains médicaments et le moment de la prise.

Le sommeil : un effet souvent sous-estimé

La caféine peut donner l’impression de pouvoir « tenir plus longtemps », mais elle ne diminue pas le besoin réel de sommeil. Elle peut retarder l’endormissement et perturber la durée ou la qualité du sommeil.

Selon l’EFSA, une dose individuelle de seulement 100 mg de caféine (soit environ 1,4 mg/kg pc) peut déjà affecter le sommeil chez certaines personnes lorsqu’elle est consommée à proximité de l’heure du coucher [2].

Le problème peut alors devenir un cercle vicieux : fatigue → consommation de caféine → sommeil dégradé → fatigue → nouvelle consommation de caféine.

Chez les personnes qui consomment régulièrement de la caféine, une tolérance peut également apparaître, ce qui peut conduire à augmenter progressivement les quantités consommées.

Pour cette raison, la consommation de boissons énergisantes ne doit pas être envisagée comme une solution au manque d’énergie liée à un mauvais sommeil.

Les effets cardiovasculaires : faut-il s’inquiéter ?

Une revue systématique récente montre que les boissons énergisantes peuvent entraîner des modifications cardiovasculaires transitoires, principalement en lien avec leur teneur en caféine [3].

La caféine bloque l’action de l’adénosine, une substance qui participe normalement au ralentissement de l’activité cardiovasculaire. Elle stimule ainsi le système nerveux sympathique et peut favoriser la libération de catécholamines, ce qui augmente l’activité du cœur et la contraction des vaisseaux. Cela peut se traduire, après consommation, par une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle.

La revue rapporte également des modifications de l’électrocardiogramme (ECG), notamment un allongement de l’intervalle QT corrigé (QTc). Le QT correspond au temps nécessaire aux ventricules du cœur pour se dépolariser puis se repolariser, autrement dit pour se préparer à un nouveau battement. Le QTc est une valeur corrigée en fonction de la fréquence cardiaque. Lorsque cet intervalle est trop prolongé, il peut favoriser certains troubles du rythme cardiaque [3].

Ces résultats ne signifient pas que les boissons énergisantes provoquent systématiquement des problèmes cardiaques. Les effets observés varient selon les personnes, les doses consommées et les produits, et sont généralement transitoires.

Pour autant, ces boissons ne peuvent pas être considérées comme totalement dépourvues de risque. Des événements cardiovasculaires graves ont été rapportés après leur consommation, notamment chez des personnes présentant une prédisposition cardiovasculaire ou génétique, parfois inconnue jusque-là.

Le risque dépend donc à la fois de la quantité de caféine consommée, de la sensibilité individuelle, de l’état de santé et du contexte de consommation.

Et la taurine ?

La taurine est régulièrement présentée comme un ingrédient préoccupant des boissons énergisantes. Il faut toutefois distinguer ce qui est démontré de ce qui est supposé.

La taurine est naturellement présente dans l’organisme et dans certains aliments. Selon l’Anses, l’EFSA avait conclu en 2009 que l’exposition à la taurine et à la D-glucuronolactone aux niveaux utilisés dans les boissons énergisantes ne suscitait pas d’inquiétude sur le plan de la sécurité [5].

Cela ne signifie pas que tous les produits contenant de la taurine sont automatiquement sans risque, ni que tous les effets des boissons énergisantes peuvent lui être attribués.

Le sucre : un autre problème

Certaines boissons énergisantes contiennent des quantités importantes de sucres ajoutés. Une seule canette peut ainsi représenter une part non négligeable des apports quotidiens en sucres, d’autant plus lorsque la boisson est consommée régulièrement ou en plusieurs exemplaires au cours de la journée.

Ces sucres, souvent rapidement assimilables sous forme de glucides simples, peuvent entraîner une élévation rapide de la glycémie. Chez certaines personnes, cette hausse puis cette diminution de la glycémie peut notamment s’accompagner de variations d’énergie ou de sensation de « coup de fatigue ». Chez certaines personnes, les variations de la glycémie peuvent alors s’accompagner d’une sensation de baisse d’énergie ou de « coup de fatigue » après l’effet initial. Ce phénomène peut inciter à rechercher à nouveau un apport rapide en sucre ou un effet stimulant, favorisant ainsi la répétition de la consommation.

Au-delà de cet effet à court terme, la consommation fréquente de boissons riches en sucres contribue à augmenter les apports énergétiques quotidiens sans apporter de réel intérêt nutritionnel. Sur le long terme, une consommation élevée de sucres ajoutés, lorsqu’elle s’inscrit dans une alimentation déséquilibrée et un excès calorique, peut favoriser la prise de poids et augmenter le risque de développer certaines maladies métaboliques.

Le sucre constitue également un facteur important pour la santé bucco-dentaire. Consommé fréquemment, il favorise le développement des caries, un risque auquel s’ajoute l’acidité caractéristique de nombreuses boissons énergisantes. Le risque est notamment plus important lorsque la boisson est consommée régulièrement ou par petites gorgées tout au long de la journée.

Enfin, les versions « sans sucres » ne présentent pas cette problématique liée à l’apport en sucres et en calories. Elles ne sont toutefois pas pour autant dépourvues d’effets à prendre en compte : les additifs utilisés pour substituer le sucre, leur teneur en caféine et autres composés stimulants reste un élément essentiel à considérer.

Boissons énergisantes et alcool : un mélange à éviter

L’association entre alcool et boissons énergisantes constitue une situation particulièrement préoccupante.

Comme expliqué précédemment, la caféine stimule le système nerveux et peut réduire la sensation de fatigue et atténuer la perception subjective de l’ivresse.

Il peut ainsi exister un décalage entre ce que la personne ressent et ses capacités réelles : elle peut se sentir plus éveillée ou moins alcoolisée tout en restant affectée par les effets de l’alcool. Cette sous-estimation peut ainsi favoriser une consommation d’alcool plus importante ou certains comportements à risque, comme la conduite.

Pour ces raisons, l’Anses recommande de ne pas associer caféine et alcool, et en particulier d’éviter la consommation de boissons énergisantes avec des boissons alcoolisées [4].

Finalement, les boissons énergisantes sont-elles dangereuses ?

Les boissons énergisantes ne peuvent pas être considérées comme systématiquement dangereuses, mais elles ne sont pas non plus dénuées de risques. Les effets de leur consommation dépendent avant tout de la quantité de caféine consommée, de la sensibilité individuelle et du contexte.

Chez un adulte en bonne santé, l’ANSES considère qu’une consommation allant jusqu’à 400 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, ne présente généralement pas de problème de sécurité. Cette valeur constitue toutefois un repère de sécurité et non un objectif de consommation. Certaines personnes peuvent ressentir des effets indésirables à des doses bien inférieures, notamment en cas de forte sensibilité à la caféine.

Le contexte de consommation est également déterminant. Le cumul de plusieurs sources de caféine, une consommation importante ou rapide, l’association avec l’alcool, ainsi que la consommation de boissons énergisantes pendant l’exercice sont autant de situations qui nécessitent une vigilance particulière. La prudence doit également être renforcée chez les personnes présentant certaines pathologies ou prenant certains médicaments. À noter que la consommation de boissons énergisantes est fortement déconseillée chez les enfants et les adolescents, ainsi que chez les femmes enceintes.

La question n’est donc pas simplement de savoir si les boissons énergisantes sont « dangereuses » ou « sans danger ». Il faut surtout s’interroger sur la quantité consommée, la fréquence, la personne qui les consomme et les circonstances dans lesquelles elles sont utilisées. C’est cette approche qui permet de comprendre réellement leurs bénéfices potentiels, leurs limites et les situations dans lesquelles leur consommation peut devenir problématique.

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Sources

[1] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) (2013). Boissons énergisantes : quels effets sur la santé ?
https://www.anses.fr/fr/content/boissons-energisantes-quels-effets-sur-la-sante

[2] Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) (2015). L’évaluation des risques expliquée par l’EFSA : La caféine.
https://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/corporate_publications/files/efsaexplainscaffeine150527fr.pdf

[3] Mandato, J., Kola, R., Tyson, T., Laffin, L., & Bales, R. (2025). The Effects of Energy Drinks on the Cardiovascular System : A Systematic Review. Current Cardiology Reports, 27(1), 156. https://doi.org/10.1007/s11886-025-02293-w

[4] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) (2013). AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation des risques liés à la consommation de boissons dites « énergisantes ». Anses (Saisine n° 2012-SA-0212). https://www.anses.fr/system/files/NUT2012sa0212.pdf

[5] Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) (2009). AVIS de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments sur un projet d’arrêté relatif à l’emploi de la taurine et de d-glucurono-gamma-lactone dans les boissons rafraîchissantes sans alcool. AFSSA (Saisine n° 2009-SA-0153). https://www.anses.fr/system/files/NUT2009sa0153.pdf